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L'ARCHEOLOGIE BIBLIQUE !

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 21:39

HOMELIE CELEBRATION OEUCUMENIQUE du 23 Janvier 2013 Château-Gontier

Evangile de Jésus le Christ selon (saint) LUC 10,25-37

(Lu par André Chauvin, diacre de l’église catholique romaine) :

"Et voici qu'un légiste se leva et lui dit, pour le mettre à l'épreuve : « Maître, que dois-je faire pour recevoir en partage la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Dans la Loi qu'est-il écrit ? Comment lis-tu ? » Il lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu auras la vie. »

Mais lui, voulant montrer sa justice, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l'ayant dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à moitié mort. Il se trouva qu'un prêtre descendait par ce chemin ; il vit l'homme et passa à bonne distance. Un lévite de même arriva en ce lieu ; il vit l'homme et passa à bonne distance.

« Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l'homme : il le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, tirant deux pièces d'argent, il les donna à l'aubergiste et lui dit : “Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose de plus, c'est moi qui te le rembourserai quand je repasserai.” « Lequel des trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme qui était tombé sur les bandits ? » Le légiste répondit : « C'est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va et, toi aussi, fais de même. »  "

 Château-Gontier-20130123-00273-copie-1

HOMELIE 23 Janvier 2013 de Pierre Varlet en photo :

L'Evangile que nous venons d'entendre est la parabole du Bon Samaritain, que tout le monde connaît. C'est l’une des grandes paraboles parmi celle qui nous sont rapportées par Luc.

Luc par contre est le seul à la rapporter, et nous y reconnaissons sa marque par le fait qu’il met l'accent sur la compassion et la miséricorde.

On peut dire que Luc est l’Evangéliste qui a particulièrement saisi ce mystère de Dieu, ce mystère du Christ, qui est la miséricorde et ici, la miséricorde est très importante.

La parabole part d'une question d'un docteur de la Loi, un légiste. L’évangéliste précise qu'il la pose pour éprouver le Seigneur, pour lui tendre un piège. La question est : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Et, comme c'est un docteur de la Loi qui lui pose cette question, Jésus le renvoie à la Loi, à la Loi hébraïque dont il est un spécialiste : « Que lis-tu dans la Loi ? » Et, ce légiste, évidemment, donne la bonne réponse : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même ». Effectivement, c'est le résumé et l'accomplissement de toute la Loi. Et le Seigneur lui dit : « Tu as bien répondu, fais cela et tu vivras ». Car ces commandements donnés par Dieu sont des commandements de vie, des commandements pour la vie, pour en vivre.

Mais le pharisien pose une nouvelle question : « Et qui est mon prochain ?» L’Evangéliste précise encore qu’il la pose « pour se justifier », et sans doute aussi en espérant mettre Jésus en difficulté.

C’est alors que Jésus dit la parabole que vous venez d'entendre, ou plutôt, de réentendre. Le récit est assez clair : mon prochain, c'est celui qui se trouve là et qui est dans le besoin, qui a besoin de moi. Dans la parabole, c'est cet homme qui a été attaqué par les brigands, qui a été dépouillé de ses biens, qui a été battu au point d'être à demi-mort, il est entre la mort et la vie. Ce sens n'échappe à personne, et chacun en tire la leçon : si je suis insensible, si je me comporte comme ce prêtre et ce lévite qui passent outre, peut-être avec de bonnes raisons, parce qu’ils sont pressés ou/et parce qu’ils ont une tâche urgente qui les attend, alors je n'ai pas su voir ni aimer mon prochain. Tandis que le Samaritain, dont la tribu , rappelons-le était méprisé par les autres juifs de cette époque, a su le voir et l'aimer en le soignant, en le réconfortant, en le ramenant à la vie.

Ce sens est tout à fait clair, mais ce n'est que le premier sens, parce que la parabole va plus loin. En effet à la fin du récit, Jésus reprend la question du docteur de la Loi, mais en la renversant. Alors que le pharisien avait demandé : « Qui est mon prochain ? », Jésus lui demande : « Lequel de ces trois », c'est-à-dire du prêtre, du lévite ou du samaritain, « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? » Donc la question n'est plus : « Qui est mon prochain ? », mais : « Qui s'est fait le prochain de celui qui était là et qui avait besoin ? »

Alors, comme on le voit, loin de tomber dans le piège tendu par le pharisien, et il y a d'autres scènes dans l’Evangile où nous pouvons constater la même chose, Jésus saisit l'occasion pour retourner la question, pour nous inviter à nous retourner en nous-mêmes, c’est-à-dire à nous convertir. Le Seigneur nous invite à une conversion, Il nous appelle à nous décentrer, parce que la question n'est plus par rapport à moi, mais par rapport à l'autre, par rapport à celui qui est là.

La question qui m’est posée, à ce stade, c’est : est-ce que je sais me rendre proche, est-ce que je me suis rendu proche ? Me rendre proche, cela signifie que ce n'est plus moi qui dois être le centre de mes préoccupations et, si je viens en aide à quelqu'un, ce n'est plus pour me justifier ni pour me mettre en valeur mais plutôt pour m’oublier. Le Seigneur m’appelle donc à m’oublier, à sortir de moi-même pour me mettre à la place de celui qui a besoin, que son besoin devienne mon propre besoin, que sa souffrance devienne la mienne. Je ne peux plus supporter que l'autre souffre, en tout cas sans donner de soins à cet homme qui est à demi-mort, de lui tendre la main, de faire mon possible pour qu'il revienne à la vie.

Faire cela, ce n’est rien d'autre que ce que Dieu fait Lui-même pour nous. Car, alors que nous nous étions éloignés de Dieu, Lui s'est fait proche de nous. Le Seigneur a aboli la distance qui existait entre nous et Lui, une distance qui était de notre fait, parce que c'est nous qui nous sommes éloignés. Nous avons là tout le mystère de l’incarnation car le seigneur en se faisant l'un de nous, a pris notre condition et notre fardeau et cela, jusqu'à en mourir sur la Croix.

Ainsi, ce qui nous est demandé, c’est de nous rendre proches pour rendre le Christ présent et le laisser agir en nous pour transmettre la miséricorde de Dieu, sa grâce, et sa guérison. Rendre le Christ présent, parce que réellement , c'est Lui le médecin. Ici le samaritain est une figure du Christ qui se fait proche, qui se fait médecin. C’est le Christ qui nous soigne, qui nous guérit, qui nous ramène à la vie et qui nous la donne .

Mais le Christ est aussi Celui qui est blessé, Il s'identifie à cet homme blessé, battu par les brigands et laissé à demi-mort. Quand le Christ, dans sa Passion, aura à subir toute la méchanceté des hommes, Il ne sera pas qu'à demi-mort, Il sera mort tout-à-fait. Le Christ est aussi présent dans celui qui est blessé, Il est celui qui souffre. Et si nous sommes le prêtre ou le lévite nous passons au loin afin de ne pas le voir .

Savoir nous rendre proches, c'est donc la leçon de cet Evangile. Mais cela ne nous dispense pas du discernement. Sans nous dicter un comportement strict , ce passage nous désigne les priorités que Dieu nous invite à prendre en compte.

Il nous invite à faire une descente au fond de nous-mêmes pour nous demander à qui ou à quoi nous donnons priorité dans nos actions. Est-ce notre intérêt personnel ou celui des autres ? Est-ce notre bonne conscience qui guide nos décisions ou l’amour du prochain ? Il ne s’agit pas ici d’avoir la réponse juste et de respecter le bon comportement, il s‘agit de percevoir quels sont les impératifs de notre foi que Dieu a inscrits en nous par notre baptême et que notre intelligence nous donne de découvrir.

Il s’agit simplement d’être en harmonie avec Dieu et de comprendre que Dieu donne priorité à tout ce qui est porteur de vie dans notre vie de chaque jour pour ce temps sur terre et ensuite pour la vie éternelle, la qualité de la première permettant la seconde.

Jésus répond à celui qui l’interroge sur la vie éternelle en disant que la vie est au centre de la préoccupation de Dieu. « Si tu es en Dieu, tu es déjà dans la vie éternelle, il t’appartient de manifester cette certitude dans toutes tes actions. Il s’agit simplement de rendre manifeste la foi qui est en toi.

Et le témoignage de cette indienne (que nous avons entendu) qui alors qu’elle a tout perdu se met à prier et qui conclue en pleurant « qu’elle préfère mourir plutôt que de cesser d’être chrétienne” »

Le salut s’obtient non pas en aimant celui qui serait reconnu comme son prochain mais en se faisant par amour, comme Jésus lui-même, le prochain de tout homme. L’enjeu du récit réside donc bien dans le basculement de la question qui de : « Et qui donc est mon prochain ? » devient dans la bouche de Jésus : « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé sur les bandits ? »

Le récit de la parabole va amener ce docteur de la Loi à « lire » que la vie éternelle est le fruit d’une vie menée à l’imitation de celle du Christ

La vie éternelle, ce n’est pas une réalité abstraite, un paradis digne de « Walt Disney », la vie éternelle, elle se vie déjà au jour le jour, sur la terre, elle commence déjà en se faisant le prochain de celui ou de celle que nous allons rencontrer pour percevoir ce que réellement veut dire prendre part à la vie éternelle, autrement dit rejoindre Dieu, comme Dieu l’a déjà fait avec nous afin de nous conduire vers lui.

L’effort à accomplir pour obtenir la vie éternelle doit donc avant tout ouvrir à l’accueil , au pardon et à la miséricorde.

Ne définissons pas notre vie à partir de nous-mêmes, mais à partir du Seigneur, à partir de Jésus, qui est à tout à la fois le Bon Samaritain qui fait miséricorde, et en même temps Celui qui est blessé

« Il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante. » disait (Ste) Thérèse de Lisieux

Pierre VARLET

Diacre Permanent de l’Eglise Catholique et Romaine

      pour découvrir toutes les photos de cette célébration cliquez ici!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by oecuménisme dans la Paroisse de château-Gontier
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