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L'ARCHEOLOGIE BIBLIQUE !

  (mont Moïse)

Où de l'histoire de la création de la Bible dans chacune des confessions chrétiennes

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 21:32

Voici les deux "travaux" réalisés respectivement par Christian Moreau de "l'église évangélique la bonne nouvelle" de Château-Gontier, et par jean-Christian fosset de l'église Catholique Romaine, sur le point de vu de la justification, selon l'histoire et la foi de ces deux églises.

Peut-être enrichis, tous les points de vus que d'autres membres du groupe oecuménique de Château-Gontier aimeraient voir rajouter, afin de complèter ou corriger selon sa propre dénomination chrétienne, la compréhension chrétienne de la théologie de la justification présentée ici dans ces 2 exposés.

Etaient présents de l'Eglise réformée : Pauline Sauvignon, Denis Gaultier; de l'église évangélique : Christopher Hall, Christian Moreau, Carol Dale; de l'église orthodoxe de france: Michel et Fabienne Lemaire; de l'église catholique : le père Courné, André Chauvin, Pierre Varlet, Manuel Baguet, Bruno Le Nahour, Jean-Christian Fosset.

Etaient excusés : Isabelle Kato, soeur Anice et André Lepage.

 

 

Exposé de Christian Moreau sur la Justification :

Christian Moreau Pasteur de l'église évangélique "la bonne nouvelle" de Château-Gontier.

introduction :

 En théologie chrétienne, la justification est la transformation divinement opérée du pécheur en serviteur juste de Dieu. La justification annonce le retournement de condamnation en grâce, quand Jésus-Christ meurt condamné, pour faire vivre les hommes coupables. La doctrine de la justification est au cœur de toute la tradition théologique issue de la Bible.

Cela signifie que le pécheur repenti est justifié dans les yeux de Dieu parce que Christ a payer le prix a la croix à sa place. Justifier ne veut pas dire rendre juste mais déclarer juste

1°) La source de la justification

Elle est révélée par la formule de l'apôtre Paul "justifiés par sa grâce" (Romains 3.23-24

Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu;

et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus Christ.)

Dans la pensée de l'apôtre, la justification est totalement imméritée. La justification est le processus par lequel Dieu déclare juste un pécheur (un transgresseur de sa loi) en dehors de tout mérite de sa part. Parce que l'Ecriture déclare (Romains 3,10 selon qu'il est écrit: Il n'y a point de juste, Pas même un seul;)

L’autojustification est une impossibilité absolue.

Dieu seul pouvant justifier un pécheur, c'est Lui aussi qui a dû en fournir le moyen. Il l'a fait, continue l'apôtre Paul "par le sang versé par le Christ." La justification n'est donc pas une simple amnistie. Elle repose sur un acte de justice de Dieu qui, en Jésus-Christ, assume lui-même la peine et la condamnation due au péché.

« Lorsque Dieu justifie des pécheurs, il ne déclare pas que des pécheurs coupables sont de braves gens, ni qu'ils sont exempts de péché ; Il les proclame juridiquement justes, c'est-à-dire libres de toute condamnation à l'égard de la loi transgressée, parce qu'il a lui-même, en son Fils, subi la sanction que méritaient leurs transgressions de la loi. » (John Stott)

2°) Le moyen de la justification : la foi

Nommes justifiés par la foi, non par les œuvres, répète Paul. La grâce et la foi sont intimement liées, car la foi a pour seul but de s'emparer (s'approprier) de ce que la grâce offre gratuitement. La grâce de Dieu est la source de la justification, le sang versé par le Christ en est le fondement et la foi le moyen qui nous unit au Christ et nous donne d'être justifié. Dieu justifie celui qui croit, non en raison de la valeur de sa foi, mais en raison de la valeur de celui sur qui elle repose (Hoocker).

La justification est le fruit de la foi mais aussi de la grâce. En effet la grâce de Dieu contribue à nous faire vivre avec Dieu, nos actes, nos actions révèlent alors la présence de Dieu. La foi conduit à agir alors conformément à la volonté de Dieu. Ainsi la justification est le fruit de la grâce de Dieu, qui nous permet d'agir par la foi conformément à Dieu, permettant la justification des personnes par les actes mais surtout par l'action de la grâce en nous.

L'imputation de la justice du Christ est la doctrine protestante selon laquelle un pécheur est déclaré juste. Cette doctrine prend donc seulement en compte le mérite et la valeur du Christ plutôt que le mérite et la valeur du croyant. D’un côté Dieu est infiniment miséricordieux, « ne voulant pas qu’un seul périsse (…) au contraire, que tous parviennent à se convertir » (2 Pierre 3:9). De l’autre, Dieu est infiniment saint et juste, ce qui signifie qu’il ne peut pas approuver ou même regarder le mal (Habaquq 1:13) ni non plus acquitter les coupables (Proverbes 17:15). Puisque la Bible décrit tous les hommes comme des pécheurs et déclare qu’il n’y en a aucun qui ne soit juste (Romains 3:10 et 3:23), il y a là une difficulté théologique classique à résoudre. Pour reprendre les mots de Paul, comment Dieu peut-il « être juste tout en déclarant juste celui qui croit » (Romains 3:.25 -28 :

"C'est lui (Jésus) que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je ,de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus ,Où donc est le sujet de se glorifier? Il est exclu. Par quelle loi? Par la loi des œuvres? Non, mais par la loi de la foi. Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi".

3°) Les effets de la justification

Justifiés par la foi, nous avons, dit Paul, la paix avec Dieu (Romains 5,1 Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, )

Plus aucune condamnation ne repose sur le pécheur qui a reconnu son état de perdition et a mis son espérance dans le prix payé par le Christ pour son salut. Il est réconcilié avec Dieu, adopté par Dieu, héritier de Dieu et cohéritier (Tite 3.7 afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle)

 Martin Luther emploie l’expression d'« heureux échange » qu’il a empruntée à l’imagerie de Paul développée dans Colossiens 3.23 Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes,

Le Christ a ainsi échangé ses « vêtements », ceux de la sainteté, de la justice, de la bénédiction par le Père, avec les péchés des hommes. C’est la Bonne nouvelle pour les croyants. Le Christ prend leurs péchés et les croyants reçoivent son état de bénédiction et sa justice.

La foi dans le sacrifice de Christ étant le moyen pour le pécheur d’être justifié à des conséquences actives dans son style de vie et son obéissance de suivre le Seigneur c’est le sens que donne Jacques dans son épitre (jacques 2.21-24 "Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu'il offrit son fils Isaac sur l'autel? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s'accomplit ce que dit l'Écriture: Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu. Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement."

conclusion :

Les œuvres sont les conséquences de la foi du pécheur justifié et non le moyen d’obtenir le salut donc la justification

 

CHRISTIAN MOREAU

 


 

Exposé de Jean-Christian Fosset sur la justification :


Jean-Christian Fosset est membre de l'église Catholique Romaine, membre de l'équipe pastorale, du conseil pastoral, et du conseil économique pastoral de la paroisse de Château-Gontier auprès du père Courné Curé de la Paroisse Saint-Jean Baptiste de Château-Gontier.


Introduction :


Le drame de la séparation entre les chrétiens occidentaux qui perdure, trouve sa source dans l’histoire au XVIème siècle, à la suite des 91 thèses du moine Martin Luther. Ce drame c’est joué selon Luther sur la « justification », qui ferait « tenir ou tomber l’Eglise Catholique Romaine ». Pour Luther, le chrétien est justifié par LA FOI SEULE, c’est la Sola Fide. Cette expression de la foi fut jusqu’à aujourd’hui le point qui resta le plus important dans la théologie protestante, la « pierre angulaire », qui faisait que l’on devenait protestant ou pas. Luthériens et catholiques partagent désormais la même foi dans la justification depuis l’accord du 31 octobre 1999.

 

A)  La justification avant le Christ, avant Saint Paul et son développement :


Mais tout d’abord, qu’est-ce que la justification ? Ce mot et ses emplois dérivés ont pour source « l’homme justifié », c’est-à-dire : soit « l’homme est ajusté » à Dieu, soit « c’est Dieu qui ajuste l’homme à Dieu ». Mais comment l’homme peut-il être ajusté à Dieu, puisqu’il est pêcheur, se sont donc demandés les juifs ? Leurs livres sacrés parlent sans cesse du « justifié » : « n'entre pas en jugement avec ton serviteur, nul vivant n'est justifié devant toi. » psaume 143,2.

Pour les juifs, dans la bible, « être ajusté à Dieu », ou pour devenir « justifié », l’homme judaïsant se présente au tribunal de Dieu, évidemment pêcheur, et doit être acquitté de ses pêchés, par le jugement divin ! Être Coupable, mais acquitté par Dieu seul, voilà la vraie justice : l’œuvre de la justification de l’homme par Dieu ! La justification semble impossible par l’homme tout seul, quelques uns sont pourtant qualifiés de justes : Hénoch, Noé, Abraham, Gédéon, Baraq, Samson, Jephté, David, ainsi que Samuel et les Prophètes (voir He 11). Mais pour les juifs et les pharisiens du temps du Christ, amoindrissant la miséricorde de Dieu, ils gagnèrent la pensée que le salut consistait à être justifié (être reconnus « juste » par Dieu) lors d’une sentence judiciaire de Dieu, en raison de l’observance totale des commandements de la loi.

A cette conception très juridique, réalisée par l’homme « à la force du poignet », Saint Paul oppose, la bonne nouvelle de Jésus Christ mort et ressuscité, et promeut la liberté de la justice de Dieu par la GRACE SEULE moyennant la foi en Jésus Christ. En clair Dieu ne reste pas inactif durant notre passage sur la terre, et on ne peut pas y arriver ni tout seul, ni sans Lui. Mieux c’est de notre vivant, que Dieu nous justifie. L’apôtre reprend alors en cela ce qui déjà commençait à germer dans la Sagesse : « mon juste vivra par la foi », Habacuc 2,4, et a bien sur compris que « le serviteur souffrant qui justifierait les multitudes » dans Isaïe 53, c’était Jésus-Christ : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi {en Jésus Christ} » Ep2,8. Le Christ est notre justice, Il nous Justifie par la Foi en Sa Personne !

En quoi Jésus Christ nous justifie-t-Il devant Dieu ? Dans le livre d’Isaïe au chapitre 53, on sait ce qu’est le serviteur souffrant, il est « celui qui justifiera les multitudes ». Comment un autre homme peut-il justifié les autres ? En étant un autre Moïse et plus que ça encore, en intercédant en plénitude pour la multitude par son sang (Rm 5,9), par son unique sacrifice ! Isaïe 53, ou le serviteur souffrant, c’était le début de la compréhension du rôle de ce futur Messie tant attendu par les juifs depuis Moïse : rôle éminent et divin, accomplit en Jésus Christ Notre Seigneur. Jésus nous justifie (nous « gracie » du verbe « gracier »), et fait de nous des enfants adoptifs de Dieu le Père.

 

 

B)  LE CRI DE LA REFORME :

C’est en lisant de nombreuses fois la lettre de Saint Paul aux Romains, et en se sentant définitivement pêcheur, et jamais ajusté à Dieu au moyen des incessantes pénitences, que Luther sembla redécouvrir que l’on était justifié par la Foi, et il rajouta à sa grande découverte, un adjectif très exclusif, qui fit tout l’objet du débat dans l’église : l’homme est justifié par la foi seule ! Ce fut pour lui une telle libération, qu’il en fit profiter un grand nombre autour de lui, et tout ces chrétiens se sentirent renouveler en Dieu, aimés par Dieu malgré tous leurs pêchés, et donc libérés d’un poids poignant en cette époque : celui de l’enfer, promis à ceux qui n’avaient pas acheté toutes les indulgences, ou demander pardon pour toutes leurs fautes commises consciemment. Cette dernière pensée qui a circulée dans une partie de l’église catholique, fait totalement écho à la pensée des pharisiens du temps de Jésus, et contredit fondamentalement l’apôtre Saint Paul, aggravé en cela par le terrible pêché d’acheter son propre Salut !

Enfin, trouvant dans la lettre de Saint Jacques 2,24 « c’est par les œuvres que l’homme est justifié et non par la foi seule », Luther décida de retirer de la bible cette épitre, en la traitant « d’épitre de paille » en 1519, puis 7 autres de l’Ancien Testament.

Les extrémistes des deux bords se faisaient entendre : les luthériens, pensaient que les catholiques se considéraient comme sauvés donc « justifiés » par leurs propres œuvres sans Dieu (messes, prières, jeun, pèlerinages, dévotions, et autres sacrifices ou oboles à répétition…), les catholiques pensaient que les protestants se croyaient sauvés simplement par la foi, et pouvaient désormais vivre toute une vie de débauche, puisque de toute les façons, ils se savaient sauvés quoi qu’il fasse, la foi les sauvant quoiqu’il arrive !

Une incompréhension majeure venait de naitre, avec de vrais arguments d’un côté comme de l’autre, et germaient ainsi de vraies questions : la justification luthérienne rend-elle le chrétien croyant et exempt de charité, car déjà sauvé ? et le catholique était-il sauvé seulement par ses bonnes œuvres, et non par la grâce ? Tous se savaient pourtant enfermé dans le pêché, comment en sortir ?

 

 

C)  LA REPONSE DE L'EGLISE CATHOLIQUE ROMAINE:


1°) La Grâce Justifie :

L’église catholique, n’a pas répondu directement et frontalement à Luther. Réunie en grand Concile, elle a tout simplement cherché à savoir indépendamment de toute influence, ce qu’était être justifié, dans la bible et dans la foi ancestrale de l’Eglise et à corriger les pratiques absolument difformes à la foi de l’église. Examinons l’Ecriture et La Tradition !

Au IVème siècle avant JC, Saint Augustin, docteur de l’Eglise Catholique Romaine, avait gagné une grande bataille théologique contre son compère « Pélage ». Celui-ci, soutenait que l’homme pouvait avoir part à la grâce de Dieu en Jésus-Christ, à la rédemption chrétienne, par ses propres efforts. Saint Augustin affirma fermement l’absolue initiative de Dieu dans l’ordre de la Grâce, de sorte qu’aucun homme ne pouvait avoir part à la rédemption offerte par Jésus Christ, si Dieu Lui Même ne lui avait pas fait grâce de son amour, par l’Esprit Saint. Voilà depuis toujours la vraie la foi catholique ancestrale, ce qu’on appelle la Sainte Tradition.

 

Ainsi l’église catholique a toujours affirmé la priorité absolue de la Grâce dans le Salut de l’homme, et elle affirme donc au concile de trente, fondé sur l’Ecriture et la Tradition :

« la justification de l’homme…a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ, c’est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils (=les hommes) sont appelés sans aucun mérite en eux ! De la sorte, ceux qui s’étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce, se disposent alors à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et en coopérant librement à cette même grâce, (c’est-à-dire en y répondant favorablement). De cette façon Dieu miséricordieux touchant le cœur de l’homme par l’illumination du Saint Esprit, l’homme d’une part n’est pas totalement sans rien faire, lui qui accueil cette inspiration mais qu’il est capable aussi de rejeter, et d’autre part, sans la grâce amoureuse de Dieu, il ne lui est pas possible par sa propre volonté d’aller vers la justice en présence de Dieu. Aussi lorsqu’il est dit dans la Sainte Ecriture : « tournez-vous vers moi, je me tournerai vers vous (Za 1,3), notre liberté nous est simplement rappelé ; lorsque nous répondons : tourne-nous vers Toi Seigneur et nous nous convertirons, nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient »… et nous souffle d’avance cette inspiration.

"Pour les hommes c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible.", (Matthieu 19,26) voilà toute la foi catholique !

 

 

2°) les œuvres de la loi,… et les œuvres de la foi dans la charité  :

L’apôtre Saint Paul nous enseigne, « lorsque j’aurais une foi, une foi plénière, une foi jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien » 1Cor 13,2 ; Il nous enseigne encore : « la foi opérant par la charité » Gal 5,6. Serions donc justifiés par la foi et la charité et non par la foi seule comme le disait Luther ? Et la phrase de Saint Jacques dans son épitre dit « c’est par les œuvres que l’homme est justifié, non par la foi seule », contre dit-elle définitivement Luther ? Et quelle est cette coopération de l’homme dont parle le concile ?

La coopération de l’homme ne se trouve pas dans ses œuvres, (messes, pèlerinages, offices, sacrifices, jeun…) mais bien dans sa réponse librement fondée dans son cœur ou se trouve son trop plein d’Amour, illuminé en cela par l’Esprit Saint ! Les pratiques religieuses, messes, pèlerinages et autres, sont des manifestations visibles de la foi vivante du chrétien, et sont aussi des occasions de renouvellement et d’accroissement de la foi, mais pas des « bonnes » œuvres à comptabiliser devant Dieu ! Non ! Ce sont des œuvres d’amour accomplit sous la mention de la Grâce, et exclusivement, sous la mention de la Grâce, afin que l’homme soit enseigné, et corrigé. Ces pratiques sont aussi des offrandes de charité par la prière, pour tous les hommes, (et pour soi-même par la même occasion), si Dieu l’accepte, en aucun cas, ce ne sont des œuvres dont Dieu se devrait d’être redevable. On ne gagne pas son Salut, on l’espère en toute confiance, car « la foi est l’assurance des biens que l’on espère » He 11,1, et « si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur » 1 J 3,20. La foi, l’espérance et la charité sont totalement indissociables, « Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité» 1 Cor 13,8.

En fait l’homme ne reste pas totalement passif au moment de sa « conversion », mais cela ne vient pas de lui, il n’y a pas de « synergisme » dans la théologie catholique de la justification : « cette insistance que l’église met sur le fait que l’homme n’est pas sauvé passivement, mais avec son acceptation libre, ne doit pas être entendue au sens d’une quelconque atténuation apporté aux affirmations…que la grâce doit non nous dispenser d’agir, mais au contraire nous rendre à nouveau capable d’agir correctement. Que cela en particulier, n’insinue en aucune manière une espèce de synergisme où l’homme et Dieu agiraient parallèlement, l’homme faisant alors quelque chose pour son Salut, …(voir) si peu qui ne procède de la grâce elle-même ».

D’où venait alors notre désaccord ? :

« les protestants luthériens considèrent surtout l’instant de la justification et l’acte unilatéral de Dieu qui justifie, en disant que l’unique condition requise de l’homme pour la recevoir c’est la foi… », Les catholiques diront de leur côté que l’homme est justifié lorsqu’une foi vivante s’opère en lui, et « insisteront sur l’exigence « d’une foi qui opère par la charité » Galatte 5,6. parce qu’ils pensent à l’intégralité de l’événement du salut dans son côté humain, ou la foi justifiante amène indissociablement la sanctification, et donc l’espérance et la charité » (Bernard Sesboué, « sauvé par la grâce » p81).

Pour l’église catholique la justification n’est pas seulement un acte juridique, un acquittement soudain, un instant unique, privilégié, au sens ou l’entendait Luther, qui dans son sens à lui, exprime aussi une vérité ! C’est ce que dira l’accord théologique entre catholiques et luthériens de 1999. Là était nichée l’incompréhension, dans l’utilisation du mot « justification ». Pour les catholiques la justification s’opère toute la vie, avec des moments privilégiés certes, mais toujours avec des accroissements de la justification, en fonction de la qualité de la réponse de l’homme à la grâce de Dieu, de sorte que la justification est bien un enfantement divin ! Pour les protestants luthériens, la justification correspondait au moment de la conversion totale; le sens des mots divergeaient dès leur utilisation.

Le concile de Trente déclare :

« lorsque l’apôtre déclare que l’homme est justifié par la foi et gratuitement (Rm 3,22-24), il faut comprendre ces mots dans le sens où l’a toujours et unanimement tenu et exprimé l’église catholique romaine, à savoir que si nous sommes justifiés par la foi, c’est parce que « la foi est le commencement du Salut de l’homme », le fondement de la racine de toute justification, que « sans elle il est impossible de plaire à Dieu » (He 11,6) et de parvenir à partager le sort de ses enfants (2P 1,4) ; et nous sommes dits être justifiés gratuitement parce que rien de ce qui précède la justification, que ce soit la foi ou les œuvres, ne mérite cette grâce de la justification. En effet, si c’est une grâce, elle ne vient pas des œuvres : autrement la grâce n’est plus la grâce (Rm 11,6). » chapitre 8. De fait : « l’église comprend l’expression paulinienne « l’homme est justifié par la foi » en ce sens que la foi est du côté de l’homme le commencement de son salut, ce qui avait été suggéré au chapitre VI du concile qui plaçait l’acte de foi en premier sur le chemin de la justification), et qu’elle en est le fondement et la racine même ! » (Bernard Sesboué-sauvés par la grâce- p119).

Pour l’église catholique romaine, la justification n’est pas un instant unique, un flash spécial dans la vie d’un homme, mais un enfantement divin, qui s’opère en plusieurs étapes :1-du côté de Dieu : une initiative gratuite pour le salut des hommes. 2 – du côté de l’homme une préparation sous la mention exclusive de la grâce prévenante de Dieu. 3- du côté de Dieu une action divine qui opère la justification. 4- du côté de l’homme une croissance, une persévérance toujours sous la mention prévenante de la grâce de Dieu. 5- Dieu agissant en l’homme.

 

3°) peut-on être certain d’être « justifié » définitivement ? Sauvé quoiqu’il arrive par la foi seule ?

L’accord théologique du 31 octobre 1999, nous donne une réponse claire quand à la certitude du Salut, de notre justification, celle-ci est en effet promise aux enfants de Dieu, puisqu’ils sont devenus les fils adoptifs de Dieu en Jésus Christ, mais la limite à tout cela, c’est la vie apparente du « justifié » ou qui se croit comme tel, qui doit présenter des fruits évident de charité selon l’Esprit Saint ; c’est donc l’espérance notre certitude, tout comme le dit l’écriture « la foi c’est l’assurance des biens qu’on espère » ; voici donc ce que dit l’accord théologique entre catholiques et luthériens :

« 35-les réformateurs ont particulièrement souligné le fait que dans l’épreuve, le croyant ne doit pas regarder vers lui-même mais, dans la foi, regarder vers le Christ et ne se confier qu’en lui seul. Dans la confiance en la promesse de Dieu, il a la certitude de son salut, sans que cette certitude ne devienne, lorsqu’il ne regarde que lui-même, une garantie. 36- les catholiques peuvent partager le souci des réformateurs qui consiste à fonder la foi sur la réalité objective des promesses du Christ, de faire abstraction de l’expérience personnelle et de ne faire confiance qu’à la promesse du Christ (cf Mt 16,19 ; 18,18). Avec le concile Vatican II, les catholiques affirment : « croire » signifie se confier pleinement à Dieu, qui libère de l’obscurité du péché et de la mort et éveille à la vie éternelle. Ainsi on ne peut pas croire en Dieu et en même temps douter de la fiabilité de sa promesse. Personne ne saurait douter de la miséricorde de Dieu et du mérite du Christ. Mais chacun doit garder le souci de son salut lorsqu’il regarde ses propres faiblesses et déficiences. Tout en sachant son propre échec, le croyant doit être certain que Dieu veut son salut »

 

4°) le problème de l’utilisation obvie des mots : "foi", "justification", et du mot "œuvre" :


          a) la foi :

L’accord théologique de 1999, a éclaircit un point fondamental de la critique catholique contre la soit disant pensée de Luther, quand au mot « foi ». La foi dont parle Luther est la foi dont parle l’apôtre Saint Paul dans l’épitre aux Romains, et sous entend une foi totalement charitable, comblée d’amour et d’espérance, sinon, cette fois en Jésus Christ ne serait plus la vraie foi. C’est ce que suspectait l’église catholique au mot « seule » et et fondait sa pensée en s’appuyant sur l’épitre de Saint Jacques (voir chap. 2: la foi des démons qui se perdent et la phrase « c’est par les œuvres que l’homme est justifié, et non par la foi seule »), où se détache clairement la "foi" de la "charité" tout comme l’apôtre le faisait dans son épitre aux corinthiens et celles aux éphésiens, en écrivant « c'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus  en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions». La Grâce nous sauve, la foi l’espérance et la charité sont ses dons.

Saint Paul dans sa lettre aux Romains, utilise dans son développement théologique, le terme « foi » dans un sen qui contient « une relation » particulière avec le Christ. Pour Luther il a été entendu, après 3 siècles de controverses, que l’usage qu’il en faisait de ce mot « foi » contenait la charité et l’espérance. Ses défenseurs, les luthériens d’aujourd’hui, sont convaincus de cette pensée, exprimée dans l’accord théologique du 31 octobre 1999, signé avec l’église catholique romaine. Les musulmans aussi ont une relation à Jésus, ils le reconnaissent comme le messie, mais pas dans le sens du sauveur, et pas dans le sens de Dieu fait homme professé par les chrétiens. En cela la justification par la Foi seule, poserai un problème d’acceptation de théologie de base, si on ne définissait pas ce qu’est « avoir la foi » (en qui, en quoi précisément et avec quelle limite, quel contour ?). Les soupçons sont désormais totalement levés dans l’utilisation de cette terminologie luthérienne du mot « foi », qui est le sens ou Saint Paul justement l’entendait, uniquement dans cette épitre aux romains.

Il n’en reste pas moins, que l’utilisation du mot « foi », dans d’autres lettres de Saint Paul qui nous sont parvenues dans la bible, ne présente pas cet englobement. En effet il n’y a pas d’englobement de « l’espérance et de la charité », à l’intérieur du mot « foi » contrairement à cette épitre aux romains. Or l’épitre aux romains est l’épitre de l’expression de la foi théologique de Saint Paul, sur la justification ! Seule une bonne gymnastique de l’esprit permet de comprendre s’est apparent enchevêtrement. Dans l’épitre aux romains, Saint Paul écrivait à des juifs habitués à l’usage du mot de la justification, et il redéfinit cette justification à partir de sa rencontre personnelle de Jésus-Christ, tandis que dans les autres épitres, il insiste sur le rôle total de la charité, qui doit exprimer la vraie foi en Jésus-Christ. Soit la foi est « inclusive » de « l’espérance et de la charité », soit elle est « exclusive » et indépendante de « l’espérance et de la charité », Saint Paul utilise une conception de la « foi » différente selon les épitres, et selon son public !

En effet, dans l’épitre de Saint Paul apôtre aux corinthiens, la distinction dans l’utilisation des mots « foi », « espérance » et « charité », est parfaite, n’écrit-il pas : « lorsque j’aurais la foi, une fois plénière, une foi jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien », 1 Cor 13,2 ? De sorte qu’ici, la foi et la charité sont totalement indépendantes dans leur existence propre, tandis qu’elles sont concomitamment liées pour signifier la vie du chrétien justifié ? Sinon, pourrait-on être « justifié par la foi seule », comme le dit Luther, « sans la charité » tout en étant « rien » en même temps, comme l’écrit Saint Paul dans cette épitre aux corinthiens ? Bien sur que non, et désormais, là aussi, tout doute est désormais levé par l’accord théologique entre catholiques et luthériens, depuis cet accord de 1999.

Finalement, c’est Saint Paul lui-même, qui a mis tout le monde dans le brouillard, en utilisant différemment le sens du mot « foi » dans une épitre, (celle aux romains qui définit « la justification par la foi » pourtant), et en l’utilisant autrement dans d’autres épitres, (telles que celles aux corinthiens, mais aussi celle aux éphésiens).

 

          b) les œuvres :

Le mot « œuvre » dans les épitres de Saint Paul ont de multiples sens, selon qu’il est utilisé pour remplacer en lieu et place, le mot juif de « commandements »  flanquer alors du groupe nominal « de la loi » (les œuvres de la loi), tandis que dans d’autres épitres Pauliniennes, et de même dans la fameuse épitre de Saint Jacques, le mot « œuvre » prend tout le sens « d’acte d’amour accomplis » à cause de l’amour du Christ pour nous, et ces « œuvres » sont donc des actes d’amour totalement gratuits « préparés d’avance par Dieu afin que nous les pratiquions » Eph 2,10 ! Reconnaissons que l’ambigüité est de taille, et la confusion peut-être rapide. On perçoit de suite l’ambivalence du sens de ce mot "oeuvre" dans cette seule phrase de Saint Paul, puisqu'il utilise ce mot deux fois dans la même phrase avec deux sens totalement divergents , je cite :  "Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions". Sur les bonnes œuvres, voici ce que nous dit l’accord théologique du 31 octobre 1999, au chapitre 4, paragraphe 7 :

« 37-. Nous confessons ensemble que les bonnes œuvres – une vie chrétienne dans la foi, l’espérance et l’amour – sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits. Lorsque le justifié vit en Christ et agit dans la grâce reçue, il porte, en termes bibliques, de bons fruits. Cette conséquence de la justification est pour le chrétien, dans la mesure où il lutte tout au long de sa vie contre le péché, une obligation qu’il doit remplir; c’est la raison pour laquelle Jésus et les écrits apostoliques exhortent les chrétiens à accomplir des œuvres d’amour. 38-. Selon la conception catholique, les bonnes œuvres qui sont réalisées par la grâce et l’action du Saint-Esprit contribuent à une croissance dans la grâce afin que la justice reçue de Dieu soit préservée et la communion avec le Christ approfondie. Lorsque les catholiques affirment le « caractère méritoire » des bonnes œuvres, ils entendent par là que, selon le témoignage biblique, un salaire céleste est promis à ces œuvres. Loin de contester le caractère de ces œuvres en tant que don ou, encore moins, de nier que la justification reste un don immérité de grâce, ils veulent souligner la responsabilité de la personne pour ses actions. 39-. Les luthériens partagent eux aussi l’idée d’une préservation de la grâce et d’une croissance dans la grâce et la foi. Néanmoins ils soulignent que la justice, en tant qu’acceptation par Dieu et participation à la justice du Christ, est toujours parfaite. Ils affirment en même temps que ses conséquences peuvent croître tout au long de la vie chrétienne. En considérant les bonnes œuvres des chrétiens comme étant les « fruits » et les « signes » de la justification »

 

 

TABLEAU BIBLIQUES SUR LA JUSTIFICATION SELON LES MODALITES DE LA FOI :

 

Justifié par la Foi Seule /justifié par la foi mais pas seulement :

 

« Le juste vivra par la foi » Habacuc 2,4

« C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi,

Ce salut ne viens pas de vous, il est un don de Dieu, il ne vient pas

des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier………………………………nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que dieu a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. » Ephésien 2,8-10.

« N’entre pas en jugement avec ton serviteur, nul n’est justifié

Devant toi » psaume 143,2

« Maintenant justifiés dans son sang, serons-nous par lui sauvés de la colère. »

« Quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » 1Cor 13,2

 

« A quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu'un dise: "J'ai la foi", s'il n'a pas les œuvres? La foi peut-elle le sauver? Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dise: "Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous", sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il? Ainsi en est-il de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. Au contraire, on dira: "Toi, tu as la foi, et moi, j'ai les œuvres? Montre-moi ta foi sans les œuvres; moi, c'est par les œuvres que je te montrerai ma foi. Toi, tu crois qu'il y a un seul Dieu? Tu fais bien. Les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, homme insensé, que la foi sans les œuvres est stérile? Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres quand il offrit Isaac, son fils, sur l'autel? Tu le vois: la foi coopérait à ses œuvres et par les œuvres sa foi fut rendue parfaite. Ainsi fut accomplie cette parole de l'Ecriture: Abraham crut à Dieu, cela lui fut compté comme justice et il fut appelé ami de Dieu." Vous le voyez: c'est par les œuvres que l'homme est justifié et non par la foi seule. De même, Rahab, la prostituée, n'est-ce pas par les œuvres qu'elle fut justifiée quand elle reçut les messagers et les fit partir par un autre chemin? Comme le corps sans l'âme est mort, de même la foi sans les œuvres est-elle morte. » Jc 2

 

« Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité. » 1Cor 13,13

« Par lui vous croyez en Dieu, qui l'a fait ressusciter d'entre les morts et lui a donné la gloire, si bien que votre foi soit en Dieu comme votre espérance. » 1P1,21

« Nous nous rappelons en présence de notre Dieu et Père l'activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, qui sont dus à notre Seigneur Jésus Christ. » 1 Th 1,3

 

« Où donc est le droit de se glorifier? Il est exclu. Par quel genre de loi?

Celle des œuvres? Non, par une loi de foi. Car nous estimons que

l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi. Ou alors

Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens? Certes,

également des païens; puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui justifiera les

circoncis en vertu de la foi comme les incirconcis par le moyen de cette foi. » Rm 3,27

 

Jean-Christian Fosset

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Published by oecuménisme dans la Paroisse de château-Gontier
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