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L'ARCHEOLOGIE BIBLIQUE !

  (mont Moïse)

Où de l'histoire de la création de la Bible dans chacune des confessions chrétiennes

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:45

(Textes bibliques lus lors de la célébration œcuménique de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, à Château-Gontier le 23 janvier 2012 : 1 Corinthiens 15,51-58 et Jean 12,23-26.)

« De la Première lettre aux Corinthiens, nous avons entendu que nous seront transformés. Dans Jean, qu'il nous faut, si nous voulons servir Jésus-Christ, nous mettre à sa suite. Or, pour être transformé, pour être à la suite du Christ, il nous faut répondre à son appel, se mettre en route. Pour illustrer cela, je prendrai trois “figures” dans la Bible : celle de Jonas et des Ninivites et celle des disciples de Jésus.
Jonas le récalcitrant. Quel stratagème Dieu n'a-t-il pas mis en place pour que Jonas réponde à la mission qui lui a été confiée ! Nous connaissons l'histoire : Une mer déchainée. Des marins superstitieux qui consultent les sorts. Un grand poisson qui avale puis recrache Jonas sur la rive. Et enfin, Jonas finit par se conformer à la parole du Seigneur. Car il est temps. Il est temps pour Jonas de mettre les Ninivites face à la responsabilité de leur méchanceté.
Passons à ceux-ci, aux Ninivites qui se laissèrent interpeler. Alors qu'il faut trois jours pour traverser la ville, en une seule journée, l'annonce de Jonas suscite déjà un effet. Sans même attendre une décision de leur roi qui ne vient que dans un second temps, déjà nombre de Ninivites se tournent vers Dieu et adoptent une attitude de repentance. Car il est temps. Il est temps pour eux de quitter ce que leur chemin de vie a de mauvais, de se détacher de la violence qui reste attachée à leurs mains, de se détacher du péché, de cet aiguillon qui conduit à la mort, cette mort qui peut être physique mais qui peut aussi avoir lieu entre nous par exemple par les paroles blessantes ou les tracasseries que l'on peut se donner les uns les autres.
Quant aux disciples de Jésus, est-ce des modèles de réponse ? En effet, leur réaction ferait frémir d'inquiétude nombre d'accompag-nateurs spirituels. « Impulsifs » diraient-ils. Souvenons-nous. Ces pêcheurs partent à la suite d'un homme qui les appelle, sans consulter personne, sans mettre auparavant de l'ordre dans leur affaire – « ils laissèrent aussitôt leurs filets » – et laissent même leurs proches en plan – « laissant dans la barque leur père avec les ouvriers ».  Car il est temps. Il est temps pour eux de se faire pêcheurs d'hommes.
Revenons un instant au livre de Jonas qui fait partie des livres prophétiques. L'ensemble de ces livres prophétiques nous disent que Dieu a été patient avec le peuple d'Israël, à cette époque (sur un temps vaste) organisé en deux royaumes. Il y eut bien quelques moments de conversion, mais le peuple d'Israël n'y a jamais été fidèle et, n'ayant plus l'appui de Dieu qui ne voulait plus cautionner leur injustice, la puissance du Nord, Assyriens puis Babyloniens, les a vaincus. Or le livre de Jonas, ou plutôt le conte de Jonas, histoire imaginée, est tout en contraste avec cela. Une ville païenne, capitale de l'ennemi assyrien, se convertit de suite et Dieu se ravise : il n'y a pas de destruction. Voilà la prophétie de ce livre : Vous n'avez pas vu qu'il était temps. Et si vous aviez vu qu'il était temps, alors vous vous seriez profondément convertis et votre malheur n'aurait pas eu lieu, ou alors pas aussi terrible. Quoi qu'il en soit, votre destin n'était pas inéluctable. Dieu n'est pas un dieu de la mythologie gréco-romaine d'un destin tout tracé, mais un Dieu qui respecte notre liberté individuelle ou collective, ce qui nous met face à notre responsabilité, à nos choix.
Nous pouvons entendre de par la Bible que Dieu est un Dieu de patience. Mais vient un temps où nous devons prendre une décision. Car viendra un temps où peut-être sera-t-il trop tard. C'est aussi ce que raconte le livre de l'Exode. L'arrivée en terre promise a bien eu lieu, mais pas pour la première génération. Les projets de Dieu se réalisent certes, mais serons-nous de la partie ? Ainsi en est-il des appels de Dieu, ainsi en est-il de nos relations. Peut-être avons nous le temps de demander pardon à tel ou tel. À rendre service à tel ou tel. À se mettre à l'écoute de tel ou tel. À se poser pour réfléchir. À prendre soin de soi. Mais aussi à faire œuvre de vérité et de justice face à un comportement qui déshumanise. Peut-être avons nous le temps. Mais viendra l'heure où il sera trop tard.
Il est donc temps de se tourner encore ou de nouveau vers Dieu, de se mettre à son écoute, de l'aimer de tout notre être et d'aimer notre prochain comme nous mêmes, de nous aimer les uns les autres comme Jésus-Christ nous a aimé, car le temps est accompli, car aujourd'hui est le temps de la Bonne Nouvelle.
Mais il ne faut pas attendre de tout comprendre, car Dieu est au-delà de nos images, de nos projets. L'image d'un Dieu qui ne détruit pas la ville païenne a dérouté Jonas. Et nous savons que le chemin qu'à pris Jésus a dérouté les disciples. Dieu peut nous dérouter, mais il prend aussi le temps de nous remettre en route, comme il le fit dans l'histoire de Jonas, comme il le fit avec les disciples après la résurrection et la pentecôte. Pourtant, n'oublions pas que Jonas a fini par accomplir sa mission, que les disciples finirent par être effectivement des pêcheurs d'hommes, qu'ils n'ont pas remis cela au lendemain. Car aujourd'hui, il est temps.
Quelle que soit l'Église dont nous sommes, protestante, catholique ou orthodoxe ou d'autre appellation encore, aujourd'hui est jour de conversion et de bonne nouvelle. Dieu nous aime de tout son amour et il nous désire participant de son amour. Allons-nous répondre à son appel, aux appels qu'il nous lancera en cette année. Peu importe que nous soyons pendant un temps récalcitrant, car nous pouvons revenir à Dieu et accueillir la grâce de son pardon, peu importe qu'aux yeux des autres nous paraissions impulsifs ou autre chose encore, car Dieu seul voit avec justesse ce qui anime notre cœur, ce qui compte, ce qui importe, c'est de répondre à l'aujourd'hui de Dieu. Amen. »

Denis Gaultier, de l'Église réformée de Laval et de la Mayenne

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Published by oecuménisme dans la Paroisse de château-Gontier
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